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Gestion du stress et performance avec Mélanie ASTLES

Mélanie Astles, la voltigeuse : Entre passion, résilience et performance

Dans le monde de l’aviation, certains noms brillent par leur audace et leur détermination. Mélanie, pilote de voltige aérienne, sextuple championne de France et championne d’Angleterre en titre, en est une illustration éloquente. À travers une conversation captivante, elle nous livre les secrets de son succès, les hauts et les bas qui ont jalonné son chemin vers l’excellence.

De caissière à pilote d’avion professionnel, Mélanie Astles a défié les pronostics et réalisé son rêve. Un parcours atypique marqué par la passion et la persévérance.

Mélanie Astles est une pilote professionnelle franco-britannique de voltige aérienne. Née en 1982 dans une famille de professeurs, à Rugby en Angleterre, puis bercée dès l’âge de trois ans par les cieux azuréens, Mélanie n’a qu’un rêve : “être sur son dragon et parcourir le monde au travers des nuages comme dans L’histoire sans fin“.

“Ma passion”, dit-elle, “est née à l’âge de six ans lorsque mon papa m’a amené dans un show aérien. Et là, j’ai eu les étoiles dans les yeux. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire. C’était ma quête. Je collectionnais les maquettes, j’avais mes petites fiches d’avion, je connaissais tout par cœur, je ne faisais que dessiner des avions. Je ne pensais qu’à ça. J’étais obsédée par cette envie d’être pilote.”

Cependant, le rêve s’évanouit lorsqu’à l’âge de treize ans, on lui annonce que devenir pilote de chasse n’est pas pour elle. Une nouvelle qui, dit-elle, la démoralise et perturbe ses études. Et à dix-sept ans, à une année du bac, elle décide de se lancer dans le monde professionnel.

Elle trouve alors un emploi de caissière dans une station-service “par hasard, quelques jours seulement après avoir quitté le lycée”. Et au fil des années, elle gravit les échelons pour devenir assistante du gérant, puis gérante de la station où elle développe ainsi ses compétences en gestion et en leadership. “À dix-neuf ans, j’étais à la tête d’un commerce, dirigeant quatre employés plus âgés que moi, dans un environnement majoritairement masculin”.

Briser les pensées Limitantes

Le tournant décisif survient à l’âge de 21 ans, lorsque Mélanie décide de braver ses doutes et de franchir la porte d’un aéroclub, déterminée à réaliser son rêve d’enfance. 

“Nous sommes tous élevés avec des pensées limitantes” souligne-t-elle. “J’en avais beaucoup parce qu’on m’avait dit que l’aviation n’était pas pour moi, qu’il fallait être bon en maths pour être pilote, qu’il fallait être un homme, etc. Et je n’étais pas dans les bonnes cases. Et finalement, Il y a eu une rencontre avec Jacques, le chef pilote de l’aéroclub de Bron et une porte s’est ouverte.”

“Jacques a brisé mes pensées limitantes en me faisant prendre mon premier cours de pilotage. Je dois avouer qu’à ce moment là, j’avais un peu peur que ça me plaise pas. Je me suis dit que je ne peux pas être autant obsédée par un rêve et que ça ne me plaise pas. Et le premier vol a été extraordinaire. C’est un souvenir mémorable. Et depuis ce jour, ça m’a toujours poussé à aller plus loin, plus fort, plus haut, plus vite. Me voici 20 ans plus tard, toujours aussi heureuse de faire ça.”

Du rêve à la réalité, les baby steps

“Malgré tout, c’était une montagne impossible à escalader pour moi, parce que déjà je n’avais pas de bac et je n’avais pas du tout d’argent pour me payer ça. Donc cette montagne, au lieu de lui faire face, de monter droit, j’ai ai fait un peu le tour.

Parfois, on ne peut pas aller directement au but. Il faut faire des pas de bébé, créé des méthodes pour arriver au but “, confie Mélanie. Elle commence alors humblement, avec des économies minutieusement épargnées pour financer sa formation. “Petit à petit, j’ai économisé”, raconte-t-elle. “Je suis allée vivre dans un petit studio très peu cher. Je mangeais des choses qui ne coûtaient pas cher. Je travaillais au plus que je pouvais. Il faut y croire et il faut continuer d’avancer, même dans l’obscurité”, insiste-t-elle.

Et c’est là que Laurent, son instructeur, a joué un rôle crucial. “Il m’a poussée dans mes limites. Il savait que je n’avais pas les moyens de me payer ces licences.” Déterminé à la voir réussir, Laurent la forme comme une pilote professionnelle dès ses premiers vols, lui donnant les compétences nécessaires pour devenir pilote privée, puis professionnel. “Je dois ma carrière à beaucoup de personnes que j’ai croisé sur le chemin” se souvient Mélanie avec gratitude.

Il lui faudra malgré tout de la persévérance puisqu’elle doit donner tout son temps à l’aéroclub. “Je faisais du secrétariat, je nettoyais les avions. J’étais toujours là. En échange, comme ils avaient une grosse flotte d’une dizaine d’avions, ils m’ont permis de faire ce qu’on appelle des convoyages et j’amenais les avions à la mécanique. Donc, très rapidement, ça m’a permis de pouvoir monter mon expérience de vol et de pouvoir postuler pour être pilote professionnel. »

Après des années de travail acharné, de 2011 à 2016, elle devient instructrice pour pilotes de ligne à la prestigieuse Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) de Grenoble et fait partie de l’équipe de France de voltige Unlimited, championne du monde en équipe en 2015.

A son palmarès, Mélanie Astles détient, en voltige aérienne, six titres de championne de France de cinq niveaux distinctifs, de l’espoir en 2007 à l’élite en 2021, et un titre de championne d’Angleterre. Elle est également la première femme à concourir dans les célèbres Red Bull Racing en tant que pilote de Challenger Cup.

Gestion du stress et résilience face à l’échec

Derrière ces exploits extraordinaires se cache aussi une discipline de fer et une gestion rigoureuse du stress. Mélanie met en place une routine quotidienne rigoureuse, comprenant des listes de tâches détaillées, des exercices de respiration inspirés du yoga et des techniques de visualisation positive. “Tout est listé. Vous savez exactement ce que vous avez à faire à n’importe quel moment”, précise-t-elle. Cette préparation méthodique la rassure et lui assure de ne rien oublier. Ou presque.

“En 2019, lors du championnat du monde de voltige aérienne à Châteauroux, en France, j’ai vécu un échec intense malgré deux ans de préparation dédiée. Ayant quitté mon poste de pilote de ligne chez Air France pour me concentrer sur – je précise – mon objectif de vie, j’étais confiante et prête à remporter la compétition. Cependant, lors du troisième vol sur quatre, j’ai commis une erreur monumentale en changeant de fréquence radio, ce qui m’a disqualifié. Cette expérience a été douloureuse et bouleversante, mais m’a également permis de me relever plus forte. J’ai appris à mieux gérer le stress et à comprendre que j’avais encore beaucoup à apprendre.”

Une source d’inspiration

Aujourd’hui, Mélanie Astles est une véritable source d’inspiration pour beaucoup, et elle est d’ailleurs sollicitée pour être une conférencière inspirante, un exemple de réussite et notamment un symbole de la féminisation du sport de haut niveau.

Son histoire est un hymne à la résilience, à la persévérance et à la force de l’esprit et nous rappelle que même face aux obstacles les plus insurmontables, il est possible de se relever et de réaliser ses rêves les plus fous. Son message est simple et puissant : “N’abandonnez jamais vos rêves, même si on vous dit que c’est impossible. Croyez en vous, fixez-vous des objectifs et travaillez dur pour les atteindre. Le chemin sera parfois parsemé d’embûches, mais n’oubliez jamais que l’échec n’est pas la fin, mais une étape vers la réussite.”

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