Mieux piloter pour mieux décider : retour d’expérience des Apprentis d’Auteuil avec Abraxio
Le pilotage budgétaire IT enfin simplifié : le retour d’expérience des Apprentis d’Auteuil
Future of IT Tour Paris 2026 – Axel Jacquet, Directeur des Systèmes d’Information et du Numérique chez Apprentis d’Auteuil, et Adrien Coussa, Directeur Général et Co-fondateur d’ABRAXIO, partagent un retour d’expérience sur la transformation du pilotage budgétaire IT à travers une plateforme tout-en-un dédiée au management 360° de la DSI.
Au programme : les coulisses d’un déploiement express et opérationnel grâce à un pilotage simplifié, agile et collaboratif, les bénéfices concrets d’une plateforme pensée par et pour des DSI, et les perspectives qu’ouvre une véritable granularité budgétaire : simulations de scénarios, délégation maîtrisée aux responsables, reporting instantané…
« Je n’ai plus en tête le nombre exact champs analytiques que l’on peut paramétrer, mais c’est vraiment très riche. Cela a été un premier argument qui nous a beaucoup séduits.
Axel Jacquet
Le deuxième élément, c’est l’ergonomie générale de la solution. Je la trouve incroyable en termes de facilité de navigation, de tri, de filtres, de comparaison, puisque nous faisons régulièrement des arrêtés plusieurs fois dans l’année« .
ENTRETIEN
Julien Merali
Adrien, ABRAXIO en quelques mots : quelle est la genèse de cette aventure entrepreneuriale ?
Adrien Coussa
Nous sommes trois anciens managers DSI-informatiques qui ont souhaité développer l’outil métier qui nous correspondait à l’époque et qui nous correspond encore aujourd’hui. Notre ambition était de répondre à un quotidien éminemment difficile pour nos pairs en termes de gestion budgétaire, de portefeuille de projets, d’activités, de suivi des équilibres, de plan de charge, de gestion des temps, d’interaction avec nos partenaires et tiers, et donc de gestion des contrats.
En fait, tout cela était disséminé dans différents outils : beaucoup d’Excel, beaucoup de tableurs. Nous avons voulu créer une solution qui, autour d’une donnée unique, nous permettrait enfin de concentrer cette information. L’objectif était de la structurer, de la professionnaliser, d’y amener de la rigueur, de la pertinence et de la fiabilité.
Nous voulions aussi pouvoir déléguer à nos managers, à nos responsables, à nos chefs de projet leur périmètre respectif, et ainsi démultiplier notre effort, qui était souvent concentré sur la seule mission du DSI, de son assistant ou du contrôle de gestion. L’objectif final était évidemment de pouvoir reporter, communiquer et arbitrer efficacement.
Nous passons beaucoup de temps à évoquer des notions de pédagogie budgétaire et de pédagogie de l’activité. L’IT est une activité complexe au sein d’une organisation, mais pourtant elle est au cœur du business. La DSI est un business partner, quelle que soit l’organisation, quelle que soit la typologie, aussi bien dans le public que dans le privé. C’est vraiment le sens de la création d’Abraxio, que nous nourrissons au quotidien.
Depuis bientôt sept ans, nous avons 450 clients aujourd’hui, plutôt francophones, avec des structures DSI allant de moins de dix personnes à quelques milliers de personnes. Nous faisons des grands écarts assez importants : nos plus gros clients comptent 4 000 personnes et nos plus petits, une seule personne.
Nous sommes extrêmement fiers de cela, car cela signifie que nous avons réussi à faire une plateforme sophistiquée – parce que c’est un métier sophistiqué – mais simple d’usage, en tout cas suffisamment simple pour l’aborder et grandir dans le temps. Voilà la genèse d’Abraxio et ce que nous proposons aujourd’hui comme valeur.
Julien Merali
Les Apprentis d’Auteuil en quelques chiffres, et le périmètre de la DSI ?
Axel Jacquet
Les Apprentis d’Auteuil, c’est 160 ans d’existence. Nous accompagnons 40 000 jeunes en situation de fragilité et de décrochage scolaire à travers la protection de l’enfance, des dispositifs scolaires adaptés aux enfants en difficulté, l’insertion professionnelle et le soutien à la parentalité. Nous sommes présents sur 400 établissements en France avec 8 000 salariés. Notre DSI compte 65 personnes.
Julien Merali
Quand on fait appel à un partenaire comme Abraxio, c’est que l’on a une problématique. Quelle était la vôtre ?
Axel Jacquet
Nous avions une difficulté depuis un certain nombre d’années : la gestion de notre budget et sa reprévision régulière. Mon organisation actuelle s’appuie sur huit responsables budgétaires au sein de mes équipes. Nous avons, au titre d’Apprentis d’Auteuil – ce qui est normal pour une structure qui fait environ 600 millions d’euros de budget de fonctionnement – un gros outil qui s’appelle IBM Planning Analytics (TM1).
Entre nos besoins de suivi très fin par fournisseur, par nature d’activités, avec des échéanciers, la distinction entre ce qui est immobilisable et ce qui ne l’est pas, et ce que nous pouvions faire sur TM1 où les fournisseurs ne sont pas référencés, où je n’ai pas la possibilité de mettre des commentaires ni de constater un certain nombre de choses et d’écarts… nous avions un vrai problème.
Comment adresser ce problème ? Comme beaucoup, comme souvent dans les organisations : avec des fichiers Excel qui, évidemment, étaient compliqués à consolider et à réconcilier avec TM1. Nous n’avions jamais la bonne version, etc.
Alors comment ai-je connu Abraxio ? Grâce à l’Agora des DSI, au Future of IT de juin 2024, lors duquel mon homologue DSI du groupe Bert&You, a fait un workshop avec Adrien et qui avait résolu avec Abraxio les mêmes problèmes que nous avions.
Donc nous avons choisi Abraxio pour commencer à suivre notre budget 2025.
Julien Merali
Adrien, quand on évoque ce sujet de manque de finesse et de granularité sur la gestion des budgets, en quoi Abraxio répond-il à cela ? Quels sont, très concrètement, les outils mis à la disposition des DSI sur ce sujet ?
Adrien Coussa
Le budget, de toute manière, quelle que soit l’organisation, existe toujours dans un outil X ou Y – souvent dans l’ERP ou l’outil comptable. La problématique, c’est la finesse et la granularité : l’organisation par code comptable, code ETP, code opération, fournisseur, etc.
Un budget IT, c’est beaucoup de natures d’achats et des problématiques extrêmement fines. Je vais vous donner un exemple : un responsable infrastructure et production peut avoir, chez un même fournisseur, différentes natures d’achats – de l’abonnement, de l’achat de matériel, du PC, des licences, etc. Il a besoin de suivre tout cela dans le détail.
Ce niveau de détail, on ne le retrouve jamais dans les outils que je viens de citer. Et nous avons besoin de tester, de « reforcaster », de provisionner en temps réel. Pourquoi ? Parce que finalement, on définit un budget initial au mieux avec les informations à date et les arbitrages de fin d’année. Puis, au 15 janvier – pour ceux qui ont des débuts d’exercice au 1er janvier – tout a déjà bougé ! Nous avons besoin de provisionner en continu en fonction de son engagé, et cela, nous n’arrivons pas à le faire dans ces outils.
Nous avions donc besoin de le faire ailleurs, d’où les tableurs Excel ou autres. C’est là qu’Abraxio se positionne. La facilitation apportée, c’est l’opportunité de créer ces axes – que nous appelons des axes analytiques – qui peuvent être des directions métiers, des applicatifs pour faire des budgets par applicatifs, évidemment des codes comptables pour que le contrôle de gestion retrouve sa vue, mais aussi des clés de répartition et de ventilation complètement sur mesure pour pouvoir communiquer et sacraliser des photos.
Si l’organisation IT décide de faire une photo mensuelle pour être capable, au moment du reforcast trimestriel, d’expliquer ce qui a évolué dans le temps, elle peut le faire et prendre des décisions. C’est vraiment ces sujets-là. Avec cet aspect important qu’il y a cette délégation maîtrisée : normalement, dans un fichier Excel, tout le monde peut modifier tout ce qu’il souhaite. Là, nous sommes administrateurs de ces accès IT et de ces droits.
Si je souhaite que mon responsable infrastructure et production ne voie et ne puisse modifier que son périmètre budgétaire, ses enveloppes dans la plateforme, c’est fait en un clic. Nous maîtrisons donc ce que nous partageons et nous ne sommes plus dans le contrôle a posteriori des fichiers Excel.
Je délègue et, derrière, je démultiplie ma force de raisonnement et d’analyse. Pourquoi ? Parce que forcément, les gens proches de leur périmètre savent bien mieux que nous. Le responsable infrastructure et production, c’est lui qui est au plus proche de ces sujets.
Julien Merali
Axel, qu’est-ce qui vous a convaincu de travailler avec Abraxio ? Au-delà de la solution purement outil, de la plateforme ?
Axel Jacquet
J’aimerais revenir sur ce que disait Adrien. C’est vrai qu’une des forces que nous avons rapidement identifiées, c’est la capacité à démultiplier des analytiques qui nous sont propres. Dans IBM TM1, chez Apprentis d’Auteuil, nous avons de l’analytique, mais c’est de l’analytique comptable par département et, au maximum, par projet.
Moi, ce qui m’intéresse, c’est d’aller plus loin. Qu’est-ce qui relève du front office ? Qu’est-ce qui relève du back office ? Qu’est-ce qui correspond à de nouvelles mesures budgétaires ou à une continuité de ce que nous avons déjà ? Qu’est-ce que nous refacturons aux établissements et qu’est-ce que nous ne refacturons pas ?
Cela a vraiment été déterminant. Je n’ai plus en tête le nombre exact de champs analytiques que l’on peut paramétrer, mais c’est vraiment très riche. Cela a été un premier argument qui nous a beaucoup séduits. Le deuxième élément, c’est l’ergonomie générale de la solution. Je la trouve incroyable en termes de facilité de navigation, de tri, de filtres, de comparaison, puisque nous faisons régulièrement des arrêtés plusieurs fois dans l’année.
Je veux pouvoir comparer mon arrêté de fin septembre avec mon arrêté de fin juillet et identifier facilement les lignes où je suis en écart positif ou négatif, ne trier que celles sur lesquelles je suis en écart négatif, etc. C’est vraiment hyper facile et, sincèrement, nous n’avons pas eu de mal à rentrer dans la solution.
Alors, nous ne gérons pas la masse salariale avec Abraxio – c’est un choix, et je sais que nous pourrons le faire. Hors masse salariale, notre budget est de plus de 5 millions d’euros et est constitué d’environ 250 lignes budgétaires.
Et pour faire ces tris, puis avoir des reports pour pouvoir, vis-à-vis de notre direction générale, montrer comment évolue la répartition de nos budgets entre le back office et le front office, entre les nouvelles mesures et la continuité de ce qui existe jusqu’à présent… je n’avais pas cette capacité à le faire. Ou alors j’y passais des heures et des heures à retraiter les éléments sur Excel.
Julien Merali
Une fois que vous avez décidé d’utiliser Abraxio, comment s’est passé ce déploiement ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ? Quelles ont été les préparations ?
Cela a été extrêmement rapide et efficace, puisque nous avons été à la fois formés et accompagnés par une consultante des équipes d’Abraxio – ce que vous appelez « Client Success Manager ». Mais, par rapport à d’autres éditeurs, c’est plus que des Client Success Managers, parce que ce sont vraiment des personnes qui s’investissent auprès de nous, qui nous font exprimer la situation actuelle de nos budgets, la façon dont nous les décomposons, nos besoins, et nous accompagnent dans le paramétrage de la solution.
Concrètement, nous avons souscrit trois jours d’accompagnement. Plus d’un an après, je n’ai pas encore fini de consommer l’intégralité de ces trois jours. Nous avons pu, en l’espace de deux mois, paramétrer la solution et reprendre tout notre budget. Comme nous étions fin 2024 et que notre budget 2025 était déjà prêt, il était déjà présent dans TM1.
Nous avons donc ressaisi tout notre budget dans Abraxio et démarré dès le 1er janvier 2025 le suivi budgétaire. Et cela avec une efficacité assez incroyable et en embarquant mes équipes.
Alors, j’anticipe peut-être une question, mais pour moi, cela a été – c’est sûrement un des facteurs clés de succès – l’implication du DSI dans ce sujet. C’est peut-être le seul outil de tout notre périmètre SI sur lequel je suis administrateur et sur lequel je me suis investi, à la fois dans le paramétrage, dans le suivi, etc., pour emmener mes responsables budgétaires.
Et aujourd’hui, dans toutes nos discussions budgétaires, je n’ai pas besoin de le dire – ils le savent : si ce n’est pas dans Abraxio, ça n’existe pas.
Julien Merali
Adrien, très rapidement sur ce déploiement. Vous êtes d’anciens managers IT, vous savez ce qu’attendent et ce dont ont besoin vos clients. Cela veut dire qu’il n’y a pas forcément de prérequis à avoir ? Ce que parfois, quand on parle de solutions, on dit : « Attention, avant d’aller là-dessus, il faut d’abord avoir ces prérequis-là. » Aujourd’hui, ce n’est pas le cas avec Abraxio ?
Adrien Coussa
Non, ce n’est pas le cas, parce qu’en fait, nous avons toujours voulu – comme je le disais tout à l’heure – nourrir des directions informatiques, parfois de moins de dix personnes. Il faut vraiment un paramétrage simple, ou en tout cas il ne faut pas acquérir de compétences spécifiques. C’est du clic-bouton, c’est du drag-and-drop, c’est de l’import Excel, du copier-coller Excel.
Il n’y a pas de compétences techniques à avoir. Nous ne faisons pas de formation administrateur. Ce que nous faisons se glisse dans la formation, aussi simplement que cela. Et en moyenne, effectivement, nous accompagnons nos clients entre un et cinq jours. Nous avons de très gros clients avec quelques dizaines de jours, mais ce sont des cas particuliers liés à leurs besoins spécifiques.
Cela a été une volonté de départ. Nous voulions même que la solution se suffise à elle-même. Il se trouve que nous faisons de l’accompagnement parce que nous avons besoin de cet échange métier – nous apprenons beaucoup aussi, évidemment, de nos clients. Cela permet de créer ce contact que nous souhaitons garder à tout prix pour la suite, cette proximité.
Et puis nous nous sommes rendu compte, dans le temps, que la puissance de l’outil amenait parfois à des changements de prisme budgétaire. Souvent, nous récupérons des budgets qui sont très comptables. Nous allons dire : « Oui, on va le faire, mais on va vous montrer comment on peut l’organiser différemment pour pouvoir mieux le déléguer, pour aller dans des angles de reporting et de communication qui vous intéressent. »
C’est ce travail que nous faisons au moment de cette introduction de fichier ou, en tout cas, de formation. En moyenne, notre idée, c’est qu’en cinq semaines, un budget ou un portefeuille de projets soit en place dans la solution. C’est bien l’idée.
Julien Merali
Axel, qu’est-ce qui a changé pour vous très concrètement ? Est-ce qu’il y a peut-être même des économies qui commencent à poindre parce que vous avez une meilleure gestion budgétaire au quotidien ?
Axel Jacquet
Des économies ? Je ne saurais pas dire. En revanche, ce qui a été très manifeste comme progrès, c’est qu’au mois de juillet, j’avais une réunion avec un comité de gouvernance IT qui, chez nous, s’appelle « Comité Informatique et Transformation Numérique ». Nous avions, avec mes responsables budgétaires, commencé à préparer notre budget 2026. Mais grâce justement à ces analytiques par lesquelles nous identifions facilement ce qui correspond à des nouvelles mesures 2025, nouvelles mesures 2026, etc.
J’ai pu, dans ce comité, présenter une première projection budgétaire iso-périmètre. C’est-à-dire : quel serait notre budget si on ne lançait aucun nouveau projet ? Et quel serait notre budget avec… – alors, quand je dis budget, j’entends charges, dotations aux amortissements, en faisant bien la distinction – et donc aussi une projection sur plusieurs années pour tout ce qui est investissement.
Quel serait notre budget en y intégrant toute nouvelle mesure ? Et très facilement, pouvoir simuler et dire : « OK, on retire ce projet-là, OK, donc notre budget 2026 prend cette configuration-là. » Cela a vraiment beaucoup facilité à la fois ce dialogue et cet arbitrage.
Cela nous a permis de prendre des arbitrages très éclairés. Et donc ça fait vraiment écho à l’accroche de ce workshop : « Mieux piloter pour mieux décider. » Ça a été une manifestation assez évidente.
Julien Merali
Cela veut dire que, finalement, il y a deux effets de bord positifs : pour les équipes, c’est plus simple, j’imagine. Et côté direction aussi, cela permet d’avoir un meilleur reporting, un meilleur contrôle ?
Axel Jacquet
Oui. Pour les équipes, c’est plus simple. Pour nos équipes de contrôle de gestion aussi.
C’est-à-dire qu’au départ, notre intention de nous équiper avec Abraxio… j’ai embarqué le contrôle de gestion et je leur ai expliqué pourquoi je souhaitais le faire. Je pense que c’était un point important, clé dans le projet : ne pas donner l’impression au contrôleur de gestion qu’on est en train de créer un truc parallèle qui ne va pas du tout communiquer avec leur outil de planification budgétaire, mais plutôt leur dire : « Nous, c’est une couche supplémentaire, mais notre objectif, c’est bien que les deux soient raccord. » Nous avons pris ce soin-là.
Et le fait est que sur 2025, nous avons gagné beaucoup de temps, vraiment, avec notre contrôleuse de gestion dans la préparation de chaque estimé.
Je pense que nous avons divisé par trois ou quatre nos temps de travail grâce à Abraxio. Pourquoi ? Parce qu’en fait, le responsable budgétaire saisissait dans Abraxio, commentait aussi les évolutions, hop, me disait : « Oui, sur ma partie, c’est bon. » Chacun me disait : « Sur ma partie, c’est bon. » OK, on faisait un arrêté et, après, je sortais par extract les éléments par axes trois et quatre qui sont, chez nous, nos axes analytiques de planification budgétaire – et le tour était joué.
Julien Merali
Adrien, on parle beaucoup de pilotage des budgets, mais il n’y a pas que ça aussi dans la plateforme Abraxio. Elle permet aussi de gérer beaucoup d’autres choses et d’enlever beaucoup d’épines du pied du DSI. On peut avoir une vue un peu globale sur ce que permet de faire la plateforme ?
Adrien Coussa
C’est ce cycle de vie que j’évoquais en introduction, que nous avons souhaité mettre dans la plateforme, qui est celui des équipes IT finalement, et qui peut s’ouvrir d’ailleurs à d’autres directions.
Julien Merali
Je fais une parenthèse : vous avez aussi d’autres directions, parfois dans des entreprises, qui viennent vous voir en disant : « Nous aussi, on aimerait avoir la même chose. »
Adrien Coussa
Exactement. Nous, nous sommes quelque part focalisés sur notre métier parce que c’est aussi un métier très mature et dans lequel les budgets sont complexes. La maturité de la gestion de projet, en tout cas, existe, et il y a de vrais besoins. Ça n’empêche que nous avons étendu, chez un certain nombre de clients, l’usage de la plateforme effectivement à d’autres domaines. Nous avons même des clients chez qui la DAF ou le contrôle de gestion s’est emparé de l’outil en disant : « Je ne veux plus d’Excel pour aucun de mes budgets d’organisation. »
Nous avons donc des budgets de moyens généraux, direction de la communication, direction générale, etc. Parce que, peu importe le volume de lignes, cela leur permet d’avoir une structure commune – chacun chez soi – mais au moins, pour eux, c’est tout structuré. Donc oui, évidemment, parce que si on sait piloter le budget IT, normalement on devrait savoir piloter les autres budgets.
C’est un peu ce que je dis. Mais c’est vrai que le budget IT est particulièrement complexe, avec beaucoup de natures d’achats. Si on est capable de le faire, normalement, on sait faire le reste. Je reviens à la question initiale sur les budgets. Comme le disait Axel tout à l’heure, finalement, ce sont des scénarios pour pouvoir se dire : qu’est-ce qu’on fait l’année prochaine ? Qu’est-ce qu’on engage ? De nouveaux projets ?
Ces nouveaux projets, il va bien falloir les piloter, y mettre des équipes, un chef de projet, qui va devoir faire du reporting, donner des météos, des éléments de planning. Peut-être qu’on va vouloir gérer la charge des équipes et notre capacité à engager ces projets. Donc, naturellement, on va sur ces dimensions-là, pour aller jusqu’à la feuille de temps.
Nous avons beaucoup de clients qui l’utilisent – parfois pas pour les internes, mais pour les externes – pour récupérer ces feuilles de temps immobilisées.- c’est une justification aussi auprès des CAC, par exemple, ou dans des cas de CIR (Crédit d’Impôt Recherche) ou le CII (Crédit d’Impôt Innovation), des immobilisations financières. C’est donc aussi une forme de ROI très important de la plateforme, de justification.
Et nous allons jusqu’au suivi des fournisseur des contrats. Les contrats, c’est un vrai levier parce qu’on peut avoir des automatisations de rappel d’échéances de contrats. Tout à l’heure, on parlait de gain financier. Moi, je parle de sécurisation budgétaire – bien sûr, indispensable – de sécurisation des budgets. On ne peut pas louper une échéance. C’est-à-dire qu’on repart pour un an.
Déjà, ce n’était pas bien avant. Alors aujourd’hui, dans le cadre économique qui est le nôtre, c’est juste impensable. Et puis, ce que je rappelle souvent, c’est que pour une direction informatique, le non-renouvellement d’un contrat – ou ce choix-là, s’il est porté par le métier – ce n’est pas qu’un simple événement contractuel avec un impact budgétaire. C’est peut-être un nouveau projet à lancer, un nouveau fournisseur à sourcer, des technologies ou des compétences maîtrisées ou pas, de la capacité à faire.
C’est donc tout un plan à aller planifier, qui finira naturellement dans le budget.
Julien Merali
Axel, justement, sur ces autres thèmes-là, est-ce qu’il y a des compartiments d’Abraxio que vous n’utilisez pas et que vous prévoyez de déployer ?
Axel Jacquet
Alors justement, le module fournisseur – un module qui est intégré en fait avec la partie budgétaire – parce que dès que je crée une ligne budgétaire, je peux mettre un fournisseur ou pas, car je ne sais pas toujours, lorsque je crée mon budget, à qui le budget va revenir. Nous avons aujourd’hui environ 110 fournisseurs.
Autre information que je n’avais pas facilement, en tout cas avant Abraxio : le top 10 de mes fournisseurs. L’objectif que nous nous sommes donné sur 2026, c’est d’enrichir ces fiches fournisseurs en mettant en place justement toute la contre-attaque. Aujourd’hui, nous avons tous nos contrats IT sur un SharePoint. La bonne nouvelle, c’est que, sans défaire ça, on peut faire pointer Abraxio sur des liens SharePoint.
Donc ça reste sur le SharePoint, mais en même temps, j’ai un accès direct. Mettre en place, en effet, toutes les échéances contractuelles et puis également renseigner les contacts, le numéro de contrat, le numéro de support avec l’éventuel 0800 et autres.
C’est ce que j’ai dit à nos équipes : cette information, vous l’avez en tête, mais vous êtes en vacances, vous avez un arrêt maladie demain, vous partez… Il faut qu’on puisse tous accéder à cette information facilement pour pouvoir traiter une urgence. Ne pas chercher, courir après l’information pour savoir qui est notre account manager, comment et auprès de qui on peut escalader, comment on appelle le support, est-ce que c’est du support H24 ?
Là, c’est l’objectif que nous nous sommes donné. Peut-être qu’en 2027, nous nous donnerons un autre objectif qui est effectivement un suivi plus précis du portefeuille projet, mais nous y allons séquentiellement et je pense que ça marchera bien comme ça.
Julien Merali
Adrien, quelles vont être les prochaines évolutions de la plateforme, qui est déjà connectable aussi via des API avec tout un univers d’autres logiciels ?
Adrien Coussa
Abraxio doit être un centre névralgique de la DSI, mais qui est ouvert. On peut effectivement tout saisir manuellement, tout importer ou exporter. On le fait en Excel – ça paraît basique, mais ça n’empêche que c’est extrêmement efficace au quotidien pour beaucoup de nos clients.
Et puis nous avons ouvert des API effectivement sur tout le périmètre de la plateforme, pour pouvoir soit injecter des données, soit – on expose aussi nos modèles de données – là, par contre, dans ce qu’on appelle des modèles en étoile, donc des modèles pour faire de la BI, de la dataviz. Nous allons même jusqu’à produire nous-mêmes des modèles pour Power BI sur étagère, téléchargeables par nos clients pour pouvoir aller faire du reporting.
Nous essayons donc de faciliter au mieux cette interactivité.
La plateforme, nous la faisons évoluer en cycle agile toutes les 6 à 7 semaines : nous livrons du nouveau fonctionnel toutes les 6 à 7 semaines à tous nos clients. La plateforme – tous nos clients bénéficient de l’ensemble de la couverture, au sens de l’ensemble des accès aux modules – et nous la faisons évoluer très, très régulièrement.
Les enjeux sont, d’une part, très granulaires dans un certain nombre de modules. Typiquement, nous avons fait évoluer les évolutions fournisseurs qui nourrissent des enjeux de DORA ou NIS 2 par exemple, pour des clients – c’est là aussi très concret dans des cadres d’autres enjeux, d’autres besoins.
Ou alors, nous nourrissons beaucoup l’axe « chef de projet PMO » : moi, je suis chef de projet, je suis PMO, comment je travaille et comment Abraxio me rend service ? Cela nous amène à faire évoluer beaucoup de reporting, d’analyse dans le cœur du projet.
Nous avons livré récemment des fonctionnalités très « cœur projet » pour le chef de projet, pour qu’il vive au quotidien plus facilement dans la plateforme et qu’il gagne du temps. Et puis un deuxième axe qui va nourrir une autre partie de l’année, ça va être évidemment la partie budgétaire, parce que même si la plateforme est connue sur ces dimensions et que nous allons très loin, on nous pousse toujours à aller plus loin.
Hier, nous en avons échangé sur des sujets d’immobilisations qui sont très bien gérés, mais il peut y avoir des frais financiers sur les immobilisations. Ce sont des choses sur lesquelles on nous amène, sur du multi-devis, sur tout un tas de concepts.
Ensuite, nous allons continuer à ouvrir l’interactivité avec d’autres outils – ça peut être, par exemple, Teams, ce genre de solutions. Et puis, évidemment, il faut en parler…
L’IA va s’inviter dans Abraxio. Aujourd’hui, nous sommes plutôt dans le questionnement avec nos clients, pour être très précis sur des cas d’usage fonctionnels. Nous ne souhaitons pas mettre en place un LLM pour mettre un LLM, lui poser des questions basiques et qu’il réponde à moitié correctement. L’idée, c’est, par exemple – pour reprendre le sujet des contrats sur lequel nous étions tout à l’heure – en un clic…
Est-ce que tu peux me sortir les cinq clauses les plus importantes, les pénalités ou autres ? Là, on fait gagner du temps et on apporte de la valeur. Dans mon budget, c’est, par exemple : j’ai analysé que tu as un consommé budgétaire normal et j’attends une facture tous les mois. Tiens, une petite pop-up : « Attention, sur cette ligne-là, ça fait deux mois que je ne reçois pas de factures. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est un oubli ? »
Là, nous allons amener de l’enrichissement pour nos clients, nous allons amener du gain de temps, nous allons amener de la sécurisation et de la sérénité. Là, ça fait du sens.
Julien Merali
Axel, pour conclure, si vous aviez un conseil à donner aux DSI qui nous écoutent…
Axel Jacquet
Essayer, c’est l’adopter ! Je pense que c’est vraiment une belle solution. C’est une solution agile, rapide et facile à mettre en place, qui adresse beaucoup de problématiques qui sont assez partagées par beaucoup de DSI. En plus, avec une équipe que je trouve très professionnelle, une grande réactivité et un accompagnement de qualité.
Et c’est une entreprise française. Cocorico ! Voilà. Donc, je me tiens à disposition si certains DSI, ici présents, veulent que je leur fasse une démo ;)))
Propos recueillis par Julien Merali, Directeur Pôle IT – Agora Managers Groupe









