IMMOBILIER - ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL

RSE : quelle place des immeubles dans la ville de demain ?

Retex de Luc MONTEIL, Président du CIBI, Conseil International Biodiversité & Immobilier.

Les directeurs immobiliers s’attellent à un défi crucial : repenser le bâti et donc la ville. Un tournant urbanistique qui redéfinit les principes de l’urbanisme, pour les acteurs publics comme privés. Mais si s’engager pour une ville durable connaît une diffusion croissante, les pratiques de la durabilité – sustainability – restent assez disséminées malgré la gravité des enjeux environnementaux et notamment climatiques. Alors quels seront les immeubles de demain ? Vertueux et biophiles ?

L’immeuble de demain n’est pas que biodiversité commente Luc MONTEIL également Principal, Real Estate Advisory at Mott MacDonald. Il est connecté à son quartier, conçu comme un ensemble et naturellement, il doit aussi avoir une empreinte carbone la plus neutre possible.

Il doit participer au développement de la vie du quartier, au développement économique, de la vie sociale et dans cette axe, la présence nature contribue à la fois à l’échelle des citadins qui vivent autour du bâtiment en question et des occupants, qu’ils soient salariés ou habitants… 

Et la biodiversité n’est pas qu’une vision esthétique… Et la biodiversité sur un projet immobilier quel qu’il soit, est un effort d’investissement qui est vraiment non significatif… 

Ainsi, le nouveau label BiodiverCity® porté par le CIBI est un nouvel outil d’évaluation et de valorisation de la prise en compte de la biodiversité pour tous les projets immobiliers.

Une démarche attendue par les acteurs du secteur (maîtres d’ouvrage, constructeurs, foncières, écologues, paysagistes, utilisateurs et architectes) qui voient dans ce label, un nouveau critère visible et pertinent pour apporter de la valeur ajoutée à un bien immobilier.

Alors quelle est la valeur des différents labels de certification Biodivercity par rapport aux labels HQE, BREEAM ou LEED ? Quel est le terrain de jeu du CIBI ? Comment construire la ville ensemble quand le DTU ne rime pas avec biodiversité urbaine ? Comment les acteurs de l’immobilier peuvent-ils quantifier du R.O.I sur une valeur immatérielle – Avec pour exemple le projet Arboretum porté par BNP Paribas Real Estate et WO2 ou celui de Bosco Verticale à Milan. Quels sont les enjeux ESG pour les acteurs du secteur de l’immobilier d’investissement ? Enfin le bâtiment végétalisé est-il du greenwashing et son coût est-il significatif ?

Autant de questions sur lesquelles Luc MONTEIL nous apporte des réponses avisées. Il retrace rapidement la genèse de la problématique pour en dégager les traits saillants. Et propose ensuite un bilan des actions concrètes mises en œuvre par le Conseil International Biodiversité & Immobilier.

Le CIBI, est le premier lieu de rassemblement d’une nouvelle filière Biodiversité et Immobilier et compte 85 adhérents.

Son objet est de promouvoir la biodiversité urbaine et la relation homme-nature dans les secteurs de l’aménagement, de la construction, de la vie quotidienne au sein des quartiers et des ilots bâtis. La biophilie (Le besoin de nature) joue un rôle majeur dans la qualité de vie des citadins. Les actions de sensibilisation du CIBI visent ainsi autant les acteurs professionnels que le grand public.

Le CIBI promeut les meilleures pratiques en matière de biodiversité urbaine pendant les phases de planification, conception, d’entretien, d’occupation et de valorisation de l’environnement bâti. Les labels Biodivercity®, dont il est à l’initiative, sont les outils principaux servant un objectif fort : créer des lieux et des espaces de vie accueillant du vivant qui soient exemplaires en termes économiques, socioculturels et fonctionnels. A l’échelle des quartiers, il contribue à inventer et construire une ville bienveillante et résiliente.

Propos recueillis par Linda LABIDI, journaliste – Agora Médias

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