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Plongez dans l’univers de l’automatisation ! Avec Alain Bernard, champion Olympique et Blue Prism

Dans le cadre exclusif d’un dîner VIP, Arnaud De Lisle, Directeur des ventes chez SS&C Blue Prism, (leader de l’Automatisation des Processus Robotiques (RPA) 2023 Magic Quadrant™) et Alain Bernard, quadruple médaillé Olympique en natation et créateur de la start-up Pool-On, échangent sur l’automatisation intelligente dans l’entreprise et le sport en quête constante de performance et d’efficacité.

Avec pour thématique l’IA générative : Comment contribue-t-elle à l’automatisation intelligente des processus de gestion en matière RH, finance, IT, supply chain, relation client… et sportive ?

En 2025, l’IA fera office de partenaire pour la main d’œuvre de 90 % des entreprises dans le monde

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Jerôme Papin : Quel est l’ADN de Blue Prism  ?

Arnaud de Lisle : Blue Prism est une société anglo-américaine de surface mondiale. Notre métier, c’est de l’édition de logiciels pour aider les entreprises à automatiser leur processus de gestion dans tous les secteurs de l’entreprise, que ce soit la finance, l’IT, la supply chain, dans tous les secteurs où il y a des espaces d’automatisation à réaliser.

Jerôme Papin : Alors l’IA générative peut-elle contribuer à l’automatisation ?

Arnaud de Lisle : D’abord, ce qu’il faut comprendre de façon assez simple, c’est que l’automatisation est là pour simplifier la vie de l’entreprise et la vie des collaborateurs. L’automatisation, c’est une ressource supplémentaire dans une équipe. On appelle ça des travailleurs numériques.

Cela permet à chaque collaborateur d’avoir une aide supplémentaire pour faire un certain nombre de tâches parfois répétitives, pas forcément avec beaucoup de valeur ajoutée. Mais dans le cas de l’IA générative, là, on va un cran plus loin, c’est-à-dire que l’on va utiliser des ressources que les grands fabricants d’IA générative mettent à disposition.

On va utiliser ces ressources pour les intégrer dans un processus de gestion et contribuer par cette force-là à enrichir le processus de gestion. Donc l’intérêt majeur pour les clients, c’est de se dire  : « j’ai des processus qui sont automatisés aujourd’hui, on a fait déjà un certain effort, un certain travail et je peux continuer à enrichir mon processus parce que j’ai ces accès à ces IA génératives qui vont me permettre de faire des prédictions ou de l’analyse de clauses d’engagement sur des contrats. »

Si on prend un exemple dans le secteur aérien, un fabricant d’avions qui a énormément de contrats avec ses clients et ses fournisseurs, s’il veut savoir si les clauses ont été respectées, s’il a atteint les objectifs des contrats, c’est un boulot colossal.

Et là, l’IA générative peut aider à ressortir quels sont les points saillants du contrat et les comparer avec les données de l’entreprise. Et il peut factuellement mesurer la performance du contrat, la performance de l’entreprise vis-à-vis de son client ou de son fournisseur. Et donc, derrière, cela peut permettre de réengager des discussions pour du nouveau business.

Et mesurer en natation, c’est mesurer l’efficacité, le gain de temps et la performance. Quel est l’apport de l’IA dans votre discipline ?

Alain Bernard : L’objectif quand on fait de la natation, c’est de faire, comme disait mon entraîneur, la plus grande quantité de qualité, c’est-à-dire que cette qualité, il faut qu’elle soit à l’épreuve du temps.

Depuis des millions d’années, l’être humain a évolué pour se déplacer à la verticale sur terre. Et nous, on se déplace à l’horizontale sur l’eau, donc sur des appuis fuyants et c’est un apprentissage permanent. Et cet apprentissage permanent, il va être optimisé grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle qui va pouvoir, grâce à une analyse des cycles de nage d’un nageur, isoler les poignets, la tête, les épaules, les genoux, les chevilles, sans artifice ou capteurs sur le nageur.

Et donc, on peut voir par exemple si le poignet droit va cinq centimètres plus profond que le poignet gauche. Et ça, c’est juste hallucinant. L’œil humain n’est pas capable de le percevoir. C’est un gain d’efficacité à l’entraînement parce qu’il faut imaginer que des nageurs de haut niveau quand ils nagent 4 h par jour, si ils font un mauvais geste technique, avec le temps, ça va être compliqué de le corriger. 

L’apport de cette intelligence artificielle dans la natation va servir à optimiser et tendre vers un meilleur rendement. Ça va être plus pertinent et plus efficace dans cette analyse qui est trop contraignante finalement pour l’être humain.

Il y a une projection sur 2025 où, l’IA ferait office de partenaire pour la main d’œuvre de 90 % des entreprises dans le monde.

Arnaud de Lisle : On est peut être à un tournant dans la vie des entreprises avec l’introduction de l’IA générative. C’est un facteur de transformation important. Mais il ne faut pas perdre de vue que ce que l’on recherche, c’est un bénéfice pour l’entreprise, mais aussi pour ses forces humaines.

Et ce que l’on voit immédiatement dans toute cette transformation digitale accélérée des entreprises, c’est le fait que l’on apporte de l’efficacité et de la qualité. Parce que quand on fait traiter des données par des algorithmes, la qualité des données que l’on délivre dans l’entreprise augmente.

Quand on démarre un projet d’automatisation, ce que l’on conseille aux clients en général, c’est de commencer par des choses simples, les plus gênantes, les tâches les plus répétitives et les plus basiques. Donc, on va commencer par quelque chose de simple pour avoir une acceptation de l’outil dans les équipes.

Et finalement, on s’aperçoit que ce petit collaborateur numérique, il fait son job ! Et il a un gros avantage par rapport à nous, pauvres humains, c’est qu’il est capable de bosser 365 jours par an par an, le jour et la nuit. Tant qu’il y a de l’électricité, il peut bosser. 

Donc, commencer avec quelque chose qui soit pertinent. Et sur lequel on puisse voir rapidement un progrès. Et puis, petit à petit, l’expérience venant, l’entreprise est en capacité de faire des choses un peu plus sophistiquées. Et c’est un peu ce qui se passe en ce moment avec l’IA générative. C’est que les entreprises commencent à aller un cran plus loin pour demander à ces IA de leur fournir des résultats de plus en plus sophistiqués.

Alain Bernard : Pour faire un parallèle, c’est la même chose dans le sport de haut niveau. Par exemple, quand un entraîneur nous proposait de faire un exercice, il ne fallait pas que cet exercice soit beaucoup trop ambitieux, voire inatteignable. Et j’ai toujours eu besoin de sentir que c’était quelque chose qui était à ma portée. Si c’était quelque chose de trop loin, ça ne donnait pas l’envie, le courage ou l’énergie d’essayer d’atteindre cet objectif. 

Et l’objectif des entraîneurs, justement, c’est d’avoir l’effet carotte entre guillemets pour demander des choses plus exigeantes en termes de chronos, en terme de récupération au fil de la saison. Et ça, je pense que c’est important. 

D’où ma question, est-ce que le taux d’adhésion est fondamental pour l’entreprise dans cette évolution ? 

Arnaud de Lisle : Comme dans tous les projets, s’il n’y a pas d’adhésion autour d’un projet commun, ça ne peut pas fonctionner. C’est là où l’on voit que l’humain reste au cœur de tout cela.

Donc Blue prism fournit le logiciel, de la formation et de l’accompagnement à nos clients. Et on travaille avec tout un réseau de partenaires qui, eux, sont bien qualifiés sur nos outils et aident le client à mettre en œuvre ce type de technologie.

Et cela concerne tous les secteurs d’une entreprise ?

Arnaud de Lisle : Oui. Cela peut être les ressources humaines, la finance, l’IT, la sécurité, la supply chain, le manufacturing. Bref, tous les secteurs de l’entreprise peuvent être concernés par de l’automatisation de processus de gestion.

Et d’ailleurs, on a des outils aussi qui permettent de faire de l’analyse de processus ou du process mining qui permettent de faire de l’analyse de processus en amont.

C’est-à-dire qu’à partir des données du client, on est capable de redessiner la réalité du processus et derrière, de mettre en avant les points de contention et essayer de chercher des optimisations. Et les optimisations peuvent être de plusieurs ordres, pas forcément des optimisations logicielles. 

Elles peuvent être des optimisations dans les équipes, de l’utilisation de la formation, des optimisations d’organisation. On essaie de comprendre ce qui existe, ce que le client fait et de réfléchir avec lui sur comment on peut améliorer, optimiser, enrichir.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cela fait une vingtaine d’années que le Robotic Process Automation existe et qu’il évolue dans le temps.

Aujourd’hui, on est capable de lire et reconnaître un document, par exemple. Sur une carte d’identité, on peut extraire le nom, le prénom, la date de naissance, l’adresse, et cetera. Et lors de l’arrivée d’un nouveau collaborateur dans l’entreprise, si on lui demande en amont un certain nombre de documents comme la carte d’identité, la carte de sécu, etc, on peut renseigner un tas d’applications de l’entreprise de façon automatique, pour pré-remplir son dossier pour la mutuelle, pour gérer son badge d’entreprise, pour déclencher la commande d’un PC ou d’un téléphone, etc. 

L’idée, c’est d’avoir une qualité de données qui est exempte d’erreurs, pourvu que la source soit la bonne. J’insiste sur ce point car comme on dit “garbage in, garbage out”. Mais après, on peut effectivement automatiser un processus complet via ces outils. Et ce qui est important, c’est d’apporter de l’enrichissement supplémentaire et continu avec la connexion à l’IA generative.

Notre travail, c’est de faire en sorte que l’on donne accès à nos clients, à toutes les nouvelles technologies qui peuvent les aider à améliorer ces processus.

Alain, après votre carrière sportive, vous avez plongé dans cet univers avec la création d’une start up qui s’appelle Pool-On. Quel est son objectif ?

Alain Bernard : Nous sommes les premiers au monde à inventer le vidéoprojecteur subaquatique qui transforme le fond de la piscine en écran. Et donc là, on est sur des contenus vidéos complètement fous et infinis. On peut nager au dessus de bancs de poissons, de la Joconde, de méduses, voire d’avatar.

Et en fait, il y a un enjeu sécuritaire en filigrane derrière, celui de permettre à des enfants d’apprendre à nager de manière ludique. Parce que les piscines, depuis leur création, n’ont pas vu l’apport du numérique.

Et donc, on le voit, cela peut servir pour des entraînements ou pour des enfants qui apprennent en s’amusant. Car quand les enfants voient ce décor, ils oublient d’avoir peur et apprennent plus rapidement. Et, du coup, cela permet aussi de faire passer plus de monde et d’apprendre à plus d’enfants à nager dans les créneaux que proposent les piscines publiques qui sont contraints.

Donc, trois champs d’application : l’apprentissage avec le côté récréatif, loisir, ludique. Le modèle économique : on est capable de payer 5 € ou 10 € de plus l’entrée d’une piscine pour vivre une expérience.

Et troisièmement, le côté data performance parce qu’on peut projeter des avatars qui vont à différentes vitesses. Et demain, on pourra projeter une interaction, c’est-à-dire le nombre d’heures de mouvement, le chrono du nageur qui va nager au dessus de son avatar.

C’est une innovation qui est très récente et on se heurte à beaucoup de défis, mais c’est parce que c’est compliqué que ça me plaît et cela apporte quelque chose au service de la société.

Je ne peux pas concevoir, après avoir nagé 50 000 kilomètres dans ma carrière, qu’il y ait des enfants qui se noient dans un pays développé comme le nôtre. Il faut savoir que c’est la première cause de mortalité chez les moins de douze ans (par accident de la vie courante). 1200 noyades par an, 450 s’ensuivent de décès, c’est juste dramatique.

Et la meilleure façon de ne pas se noyer, c’est de savoir nager. Donc, ça fait partie de mes engagements et c’est ça qui me plaît aujourd’hui, d’interagir avec des entreprises spécialisées avec leurs défis et de mettre en exergue tout cela.

Propos recueillis par Jérôme Papin – Agora Managers

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